Si vous détenez un Plan d’Épargne Logement (PEL) ouvert en 2011, une échéance importante approche : la limite des 15 ans de votre contrat en 2026. À cette date, votre PEL cessera de produire des intérêts et les sommes accumulées seront automatiquement transférées sur un compte sur livret faiblement rémunéré, généralement autour de 0,8% brut. Cette transition représente une opportunité stratégique pour faire le point sur votre patrimoine financier et envisager des solutions d’épargne plus adaptées à vos objectifs actuels.
Comprendre l’échéance de votre PEL 2011
Les caractéristiques de votre PEL
Les PEL ouverts en 2011 présentent des caractéristiques spécifiques :
- Taux de rémunération : 2,50% brut
- Durée maximale de production d’intérêts : 15 ans, soit jusqu’en 2026 pour les PEL ouverts cette année-là
- Fiscalité : les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30% (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) depuis 2018
À titre de comparaison, les PEL ouverts en 2026 ont un taux de rémunération de 2%, ce qui reste bien supérieur au taux actuel du livret A (1,7% depuis août 2025).
Ce qui vous attend en 2026
À l’échéance des 15 ans, votre PEL ne génère plus d’intérêts. Le capital et les intérêts capitalisés sont alors transférés sur un compte sur livret de la même banque, avec une rémunération moyenne de 0,8% brut. Cette faible rémunération, largement inférieure à l’inflation, entraîne mécaniquement une perte de pouvoir d’achat de votre épargne.
C’est précisément à ce moment charnière qu’il devient pertinent d’étudier des alternatives permettant de faire fructifier ce capital dans de meilleures conditions.
L’assurance-vie : une solution patrimoniale complète
Des rendements attractifs sur les fonds en euros
L’assurance-vie constitue une alternative particulièrement intéressante pour accueillir le capital issu de votre PEL. Les fonds en euros, qui garantissent le capital investi, offrent actuellement des rendements moyens compris entre 2% et 3,50% selon les contrats et les assureurs, soit un rendement nettement supérieur aux 0,8% du compte sur livret.
Contrairement au PEL qui cesse de produire des intérêts après 15 ans, l’assurance-vie n’a pas de limite de durée et continue de valoriser votre épargne année après année.
Une fiscalité avantageuse après 8 ans
L’assurance-vie devient particulièrement attractive après 8 ans de détention du contrat. À partir de cette durée, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains :
- 4 600 € pour une personne seule
- 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune
Au-delà de cet abattement, les gains sont imposés au taux de 7,5% (auxquels s’ajoutent les 17,2% de prélèvements sociaux), soit une fiscalité très favorable comparée au PFU de 30% applicable au PEL.
Un outil de transmission patrimoniale exceptionnel
L’assurance-vie constitue l’un des outils de transmission les plus efficaces du droit français. Chaque bénéficiaire désigné bénéficie d’un abattement spécifique sur les capitaux transmis :
Pour les versements effectués avant 70 ans :
- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire
- Au-delà, taxation à 20% jusqu’à 700 000 €, puis 31,25%
Pour les versements effectués après 70 ans :
- Abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus)
- Les intérêts capitalisés restent totalement exonérés
- Seuls les versements au-delà de l’abattement sont soumis aux droits de succession
Cette mécanique fait de l’assurance-vie un outil incontournable pour préparer la transmission de votre patrimoine dans des conditions fiscales optimales.
La diversification comme levier de performance
Au-delà des fonds en euros sécurisés, l’assurance-vie permet d’accéder à des unités de compte (supports investis en actions, obligations, immobilier, etc.) pour dynamiser potentiellement votre épargne selon votre profil de risque et votre horizon de placement. Cette flexibilité vous permet d’adapter votre allocation d’actifs au fil du temps.
Le PER individuel : une option pour les actifs fortement imposés
Si vous êtes encore en activité professionnelle et soumis à une tranche marginale d’imposition (TMI) d’au moins 30%, le Plan d’Épargne Retraite individuel (PERin) mérite votre attention.
Une déduction fiscale immédiate
Le PERin permet de déduire les versements effectués de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond calculé selon vos revenus professionnels. Pour une personne dans la TMI à 30%, chaque versement de 1 000 € génère une économie d’impôt immédiate de 300 €.
Cette déductibilité rend le PERin particulièrement attractif pour les actifs cherchant à réduire leur pression fiscale tout en préparant leur retraite.
Une épargne bloquée jusqu’à la retraite
Le PERin présente néanmoins une contrainte importante : les sommes versées sont bloquées jusqu’au départ à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : acquisition de la résidence principale, accidents de la vie, etc.).
Cette caractéristique le rend moins adapté si vous envisagez d’avoir besoin de cette épargne avant votre retraite, mais parfaitement pertinent si vous souhaitez vous constituer un complément de revenus pour vos vieux jours tout en optimisant votre fiscalité actuelle.
Pour en savoir plus
Le PERin mérite une analyse approfondie pour bien comprendre ses mécanismes, ses avantages fiscaux et ses modalités de sortie. Nous avons consacré un article complet à ce dispositif que nous vous invitons à consulter pour nourrir votre réflexion sur ce sujet.
Les PEL ouverts avant 2011 : une réflexion également nécessaire
Si vous détenez un PEL ouvert avant 2011, votre situation nécessite également une attention particulière. Ces anciens PEL présentent des taux de rémunération variables selon leur année d’ouverture, mais qui peuvent paraître faibles au regard des solutions disponibles aujourd’hui.
Des taux historiques parfois en décalage avec le marché
Les PEL ouverts avant 2011 bénéficient certes de taux qui peuvent être plus élevés que les PEL récents (jusqu’à 2,50% pour ceux ouverts entre 2003 et 2011), mais ces taux doivent être mis en perspective avec les rendements actuels d’autres produits d’épargne, notamment l’assurance-vie.
Par ailleurs, ces anciens PEL ont un avantage notable : ils peuvent être conservés sans limite de durée. Contrairement aux PEL ouverts à partir du 1er mars 2011 qui ont une durée maximale de 15 ans, les PEL ouverts avant cette date continuent de produire des intérêts indéfiniment.
Une fiscalité qui a évolué et un piège à éviter
L’exonération des 12 premières années
Les PEL ouverts avant le 1er mars 2011 bénéficient d’un avantage fiscal important : les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années. Seuls les prélèvements sociaux (17,2%) s’appliquent, prélevés une première fois au 10ème anniversaire, puis chaque année.
À partir de la 13ème année : une taxation qui s’enclenche
Dès que votre PEL franchit le cap des 12 ans, les intérêts générés chaque année deviennent imposables à l’impôt sur le revenu. Par défaut, votre banque applique automatiquement un prélèvement forfaitaire de 12,8% sur les nouveaux intérêts (en plus des 17,2% de prélèvements sociaux), portant la taxation totale à 30%.
L’erreur fiscale qui coûte cher : ne pas cocher la case 2OP
Voici une information cruciale que très peu d’épargnants connaissent : vous n’êtes pas obligé d’accepter cette imposition forfaitaire de 12,8%. Vous avez le choix, chaque année lors de votre déclaration de revenus, d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Comment fonctionne cette option ?
Sur votre déclaration de revenus, dans la rubrique « Revenus des valeurs et capitaux mobiliers », vous pouvez cocher la case 2OP pour demander que vos intérêts soient imposés selon votre tranche marginale d’imposition plutôt qu’au taux forfaitaire de 12,8%.
Qui devrait cocher cette case ?
Cette option est particulièrement avantageuse si vous êtes :
- Non imposable : vous récupérez intégralement les 12,8% prélevés par la banque. Vous ne payez alors que les 17,2% de prélèvements sociaux.
- Dans la tranche à 11% : vous récupérez la différence entre 12,8% et 11%, soit 1,8% de vos intérêts.
Exemple concret : Monsieur Dupont, retraité non imposable, perçoit 500 € d’intérêts sur son PEL de plus de 12 ans. Sa banque prélève automatiquement 64 € d’acompte d’impôt (12,8%). S’il ne coche pas la case 2OP, il perd définitivement ces 64 €. En cochant la case 2OP, l’administration fiscale lui rembourse ces 64 €, puisqu’il n’est pas imposable.
Attention : Cette option est globale et s’applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers. Si vous êtes dans une tranche d’imposition à 30% ou plus, il est préférable de conserver le prélèvement forfaitaire de 12,8%.
L’opportunité d’un arbitrage réfléchi
Pour ces PEL anciens, il n’y a pas d’échéance forcée comme pour ceux de 2011 (ils peuvent être conservés indéfiniment), mais leur clôture peut être envisagée si vous identifiez une solution d’épargne plus performante et mieux adaptée à vos objectifs patrimoniaux actuels.
L’assurance-vie, avec ses fonds en euros sécurisés et ses avantages en matière de transmission, constitue souvent une alternative pertinente. Le PERin peut également être envisagé si vous êtes encore actif et fortement imposé.
Point important pour les PEL approchant des 12 ans : si vous détenez un PEL ouvert en 2014 ou 2015 qui approche de son 12ème anniversaire, vous pourriez envisager de le clôturer juste avant cette échéance pour éviter la taxation des intérêts futurs, à condition d’avoir identifié une meilleure alternative pour replacer ces sommes.
Le moment de faire un bilan patrimonial
L’échéance de votre PEL en 2026, ou la détention d’un ancien PEL dont le rendement vous interroge, constituent des occasions idéales pour prendre du recul et faire un point complet sur votre situation patrimoniale.
Les bonnes questions à se poser
Avant d’arbitrer votre PEL vers une autre solution, interrogez-vous sur :
- Vos objectifs patrimoniaux : préparer votre retraite, constituer une épargne de précaution, préparer une transmission ?
- Votre horizon de placement : avez-vous besoin de liquidités à court terme ou pouvez-vous immobiliser cette épargne ?
- Votre situation fiscale : êtes-vous fortement imposé ? Avez-vous intérêt à défiscaliser ? Êtes-vous concerné par l’optimisation fiscale de la case 2OP ?
- Votre appétence au risque : souhaitez-vous une garantie en capital ou acceptez-vous une part de risque pour dynamiser votre épargne ?
- Votre situation familiale : avez-vous des objectifs de transmission ?
L’importance d’une approche personnalisée
Chaque situation patrimoniale est unique. Le transfert d’un PEL vers une assurance-vie peut être judicieux pour une personne cherchant à optimiser la transmission de son patrimoine, tandis que l’ouverture d’un PERin sera plus pertinente pour un actif fortement imposé souhaitant préparer sa retraite.
N’hésitez pas à solliciter un conseiller en gestion de patrimoine pour réaliser un bilan personnalisé et identifier les solutions les mieux adaptées à votre situation et à vos objectifs.
Conclusion : transformer une échéance en opportunité
L’arrivée à échéance de votre PEL en 2026 ne doit pas être vue comme une contrainte, mais comme une opportunité de repenser votre stratégie d’épargne. Le transfert automatique sur un compte sur livret à 0,8% n’est pas une fatalité : l’assurance-vie offre des rendements supérieurs, une fiscalité avantageuse après 8 ans et des atouts incomparables en matière de transmission. Pour les actifs encore en exercice et fortement imposés, le PERin constitue également une piste à explorer.
Si vous détenez un PEL ancien de plus de 12 ans, n’oubliez pas de vérifier chaque année si vous avez intérêt à cocher la case 2OP sur votre déclaration de revenus. Cette simple action peut vous faire économiser des centaines d’euros d’impôt si vous êtes faiblement ou non imposable.
Que vous déteniez un PEL arrivant à échéance ou un ancien PEL dont vous vous interrogez sur la pertinence, c’est le moment idéal pour faire le point sur votre patrimoine financier et identifier les solutions qui serviront au mieux vos objectifs de vie. Votre épargne mérite d’être mise au service de votre projet, pas simplement d’attendre sur un compte faiblement rémunéré.
Note : Les informations contenues dans cet article sont données à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Avant toute décision, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine qui analysera votre situation spécifique.

